• Le Snes annonce une grève "importante" le 19 mai (Café pédagogique, 15.05.2015)

    La grève du 19 mai devrait être importante mais limitée aux collèges, a annoncé le Snes le 13 mai. Le syndicat  a vivement critiqué la réforme du collège dénonçant une réforme de la gestion des établissements et une réforme plus idéologique que pédagogique. Mais le syndicat demande la reprise des discussions et non l'abandon de la réforme.

    "Il est urgent d'arrêter le gâchis et de reprendre les discussions". A quelques jours de la grève du 19 mai, Frédérique Rolet, Roland Hubert, co secrétaires généraux du Snes et Valérie Sipahimalani, secrétaire nationale, ont expliqué cet appel à la grève. Ils ont eu plus de mal à présenter au autre projet pour le collège.

    Une réforme de gestion

    "C'est une réforme technocratique fondée sur la multiplication des réunions encadrées par des coordinateurs". Pour F Rolet, la réforme du collège est essentiellement une réforme de la gouvernance des établissements. Elle est  peu pensée sur le plan pédagogique. Enfin elle met un terme à une pratique de dialogue social avec le ministère. Technocratique, car l'autonomie vantée par la réforme c'est "celle des chefs d'établissement". Pour R. Hubert la réforme permettra un pouvoir accru de la hiérarchie. La formation elle-même est "phagocytée par la volonté hiérarchique d'imposer de bonnes pratiques". Le Snes voit dans le conseil pédagogique un outil directorial. Finalement, comme le dit F Rolet, "tout laisser au choix c'est pratique pour les principaux. On est dans une logique de gestion".

    Une vision idéologique de l'Ecole

    Le Snes dénonce aussi une réforme idéologique dont les éléments sont peu pensés. "Comment tendre vers l'égalité ? Est-ce en supprimant les langues anciennes et les classes bilangues" ? interroge-t-elle. Elle relève que ces classes permettent à des collèges de garder une certaine mixité sociale. "La réforme est partie sur l'autonomie et l'accompagnement personnalisé sans diagnostic ni réflexion. Pour le Snes rien ne dit que les EPI (des travaux interdisciplinaires) aident les élèves en difficulté. Le syndicat dénonce des thèmes contraints et qui ne sont pas accrochés aux disciplines.

    Sur les langues anciennes, F Rolet, professeure de langues anciennes, récuse les accusations d'élitisme. "C'est dépassé, depuis longtemps il n'y a plus de classes de latinistes". La suppression s'explique à la fois par une vision idéologique du ministère et le souci de récupérer des postes.

    Des propositions peu claires

    Le Snes promet donc une grève importante le 19 mai mais limitée au seul collège, "car en lycée les professeurs font leur révision du bac".

    C'est sur les propositions que le Snes est le moins clair. Sur les EPI, le Snes demande des EPI progressives avec un nombre différent selon les années. Le syndicat critique l'accompagnement personnalisé mais verrait bien une réforme où le travail des élèves serait pris accompagné après les cours. Sur les langues, le Snes ne demande pas le maintien du statu quo. Il s'interroge si c'est nécessaire de commencer une année plus tôt les langues vivantes et avec combien d'heures par semaine. Sur l'autonomie, "elle ne peut pas porter sur le choix de ce qui est enseigné chaque année et des horaires dus à tous". Elle doit être l'autonomie des équipes. Sur ce terrain le syndicat refuse "le bridage par les chefs d'établissement et les conseils pédagogiques".

    L'après 19 se prépare...

    Alors que la grève du 19 mai est soutenue par le Snalc, par l'UMP et par l'Uni, le Snes récuse tout amalgame. "Expliquer que entre le Snes et les gens qui ont supprimé 80 000 postes en 5 ans il y aurait un accord... ça ne grandit pas les organisations qui jouent ce jeu", estime R Hubert.

    Pour l'immédiat, l'objectif du 19 mai est plus clair. "On ne demande pas le retrait de la réforme mais la reprise des négociations sur ses points majeurs. Sinon on poursuivra le mouvement". Le Snes pourrait encourager des occupations d'établissements après le 19.

    François Jarraud

     

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    Réforme du collège : le DOSSIER

     

    Commentaires

     
    • JCP67, le 16/05/2015 à 01:37
      Par honnêteté intellectuelle, vous auriez pu préciser que cette grève est soutenue par une intersyndicale enseignante comprenant le SNES, le SNEP, le SNEETA, le SNALC, le SNLCFO, la CGT, SUD-Éducation et même la CNT-Éducation.

      Que l'UNI (syndicat étudiant marqué à droite) ou l'UMP (parti politique de droite) se raccrochent à la grève pour se faire mousser ne change rien au fait qu'il y a une coalition de syndicats enseignants qui appelle à ladite grève.

      Le rôle d'un syndicat est de défendre les conditions de travail de ses adhérents, pas de faire de la politique. Du reste, il vous serait difficile de ranger les syndicats cités à droite...

      Alors accoler SNES et UMP, franchement, c'est consternant !
    • Michel MATEAU, le 15/05/2015 à 16:24

      "Alors que la grève du 19 mai est soutenue par le Snalc, par l'UMP et par l'Uni, le Snes récuse tout amalgame".
      Mais il ne suffit pas de récuser…. Et la situation est bien celle-ci : le Snes se retrouve en compagnie des syndicats et des partis politiques conservateurs. A sa place en réalité, une place vers laquelle il tend depuis des années. Maintenant, simplement, cela se voit.
      Le progressisme et le conservatisme ne sont pas des positions philosophiques qu’on décrète soi-même d’occuper. On peut glisser, sans même s’en apercevoir, du premier au second. Le Snes est en train d'en faire l'expérience.

    • Viviane Micaud, le 15/05/2015 à 09:09
      Pour l'instant, il s'agit d'une tentative de mobilisation sur une foule de sujets, dont certains correspondent aux préoccupations des enseignants et d'autres aux intérêts du SNES qui souhaite comme tout syndicat, augmenter son emprise sur les enseignants et son pouvoir. Il est vrai l'alliance avec l'UMP pour faire monter en mayonnaise de faux problèmes est assez malvenue. La récupération dans les journaux liés à la droite déplaît. 

      A quoi tiennent le plus les enseignants  ? A avoir les moyens de transmettre dans de bonnes conditions, les connaissances de leur matière, plus particulièrement à ceux qui pourront avoir envie de poursuivre leurs études sur la dite matière. Les rabotages d'une demi-heure sur la totalité de l'horaire discipline du collège, l'incertitude sur les dédoublement de classe, les 20% à mettre dans des activités transversales floues et le risque d'avoir à participer à des concertations inutiles les inquiètent. 

      Vous avez à ajouter le manque de considération systémique de la hiérarchie qui lui donne des missions infaisables, des contraintes stupides et qui en plus a tendance à leur faire porter l'échec de l'école. 
      • Michel MATEAU, le 15/05/2015 à 14:22

        « A quoi tiennent le plus les enseignants  ? A avoir les moyens de transmettre dans de bonnes conditions, les connaissances de leur matière, plus particulièrement à ceux qui pourront avoir envie de poursuivre leurs études sur la dite matière ». Et vous pourriez ajouter : « et plus particulièrement encore aux bons élèves ». Et tout sera dit…

        Ne pensez-vous pas madame, là encore, que chaque enseignant devrait voir un peu plus loin que SA discipline et que les élèves ont plus besoin « d’une tête bien faite que d’une tête bien pleine » ?

        • thais8026, le 15/05/2015 à 15:43
          Mais vous pensez réellement que les enseignants ne voient pas plus loin que leurs disciplines... Ils le faisaient quand cela étaient possible autrement dit quand les programmes des dites disciplines étaient en corrélation.
          Ce n'est plus le cas et ce ne sera pas le cas : alors comment faire de l'interdisciplinarité avec des programmes disciplinaires qui ne le permettent pas. Le TPE sont un échec ils ne servent qu'à donner des points au bac mais ce qu'en ressortent 90% des élèves : RIEN. On pourrait alors avancer que les TPE ne profitant, au niveau compétences, qu'à 10% des élèves est un dispositif élitiste donc à supprimer....
          De plus, on ne peut pas créer une tête bien faite sur du VIDE. Comme on ne peut pas apprendre à apprendre sans rien avoir à apprendre. C'est du bon sens. Arrêter d'opposer les deux.
          La force de l'être humain est d'arriver à transmettre ce que les générations précédentes ont découvert et maintenant il faudrait que les élèves redécouvrent tout. Arrêtons l'école, avec cette philosophie elle ne sert à rien. Il faudra alors espérer que chaque génération arrive à redécouvrir tout ce qui a été fait précédemment.
          Pas gagner. Finalement je suis contente d'être née à une époque où l'on a préféré me donner une tête bien pleine avec des exercices d'analyses et de synthèses me permettant de la rendre bien faite. 

          • Michel MATEAU, le 15/05/2015 à 16:23

            Si je comprends bien, actuellement (donc avant même la mise en application de la réforme), votre enseignement consiste à faire REDECOUVRIR  par vos élèves le VIDE des programmes disciplinaires grâce aux TPE ELITISTES.
            Et vous ne voulez pas que les choses changent … !?


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