• Le Monde | 19.05.2015 à 12h33 • Mis à jour le 19.05.2015 à 17h50 |Par Matteo Maillard et Séverin Graveleau

    Au défilé parisien des enseignants en grève contre la réforme du collège, le 19 mai.

    Quelques milliers d'enseignants sont descendus dans la rue mardi 19 mai, pour protester contre la réforme du collège. A la mi-journée, le ministère de l’éducation nationale indiquait que 23,44 % des enseignants de collège étaient en grève. Selon les remontées académiques, ils seraient 27,61 % dans les établissement publics et 6,75 % dans le privé.

    Du côté de l’intersyndicale qui avait appelé à la grève – SNES-FSU, SNEP-FSU, Snetaa, Snalc, SUD Education, FO et CGT Educ’action – on avance le chiffre de « plus de 50 % d’enseignants grévistes ».

    Comme à chaque grève, les estimations varient sensiblement entre le gouvernement et les syndicats. La différence entre ces deux chiffres s’explique par les méthodes de calcul utilisées de part et d’autre. Le SNES-FSU indique obtenir ce résultat « à partir d’un échantillon de 10 000 enseignants (...) en service aujourd’hui ». Alors que le taux de grève du ministère est établi sur la base du nombre de professeurs des collèges en grève rapporté au nombre total d’enseignants en collège.

    Forte mobilisation en Ile-de-France

    Le SNES-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, dresse déjà une carte de France de la mobilisation. Parmi les départements où le plus d’enseignants seraient en grève, la Charente occupe le haut du tableau (69 % de grévistes), suivie par la Seine-Saint-Denis (62 %) et la Seine-et-Marne (61 %). Paris, les Bouches-du-Rhône, les Yvelines auraient des taux de mobilisation entre 56 et 60 %.

    Des manifestations ont été organisées dans une cinquantaine de villes. A Paris, le défilé est parti du jardin du Luxembourg à 14 h. Selon la préfecture de police, il y avait entre 3 400 et 3 600 manifestants. Des slogans comme « Abrogation ! » et « cette réforme on n'en veut pas, notre collège vaut mieux que ça », se faisaient entendre dans le défilé.

    A l’unisson, 1 400 personnes ont défilé à Lyon, un millier à Lille, 600 à Toulouse ou encore 500 à Bordeaux selon la police. Les professeurs de langues anciennes et d'allemand étaient particulièrement représentés.

    « Des interrogations légitimes »

    Depuis Berlin, le président François Hollande a défendu la réforme contestée, mardi, estimant qu'elle devait « permettre d'assurer la réussite pour tous » et « l'excellence ».

    « Il y a des interrogations, elles sont légitimes. Mais il y a une réforme qui doit permettre d'assurer la réussite pour tous (...) et l'excellence. C'est l'esprit de la réforme du collège. »

    Lire aussi : Réforme du collège : le gouvernement face à la fronde des enseignants

    Plus tôt, la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, avait de nouveau rappelé que la réforme du collège « se fera » et entrera en vigueur comme prévu à la rentrée 2016 car « elle est indispensable », selon elle. La ministre, en première ligne sur le dossier, a toutefois assuré avoir entendu le mécontentement d'une partie des professeurs, et promis que des « garanties » pour une bonne mise en œuvre de la réforme seraient introduites dans les textes d'application. « Je suis ouverte à la discussion », a-t-elle répété.

    • Séverin Graveleau
      Journaliste au Monde
    • Matteo Maillard
      Journaliste au Monde


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/education/article/2015/05/19/reforme-du-college-les-enseignants-dans-la-rue-pour-demander-l-abrogation_4636289_1473685.html#KyxIlCPxWgUmmCh9.99


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  • - Publié le 19/05/2015 à 21:17
    http://www.lepoint.fr/politique/college-hollande-determine-a-poursuivre-la-reforme-19-05-2015-1929627_20.php
     
    Le président François Hollande à Carcassonne, le 19 mai 2015
    Le président François Hollande à Carcassonne, le 19 mai 2015 © AFP - PASCAL PAVANI

    Le président François Hollande a réaffirmé mardi la détermination de son gouvernement à poursuivre la réforme du collège, tout en soulignant que les "observations" dont elle fait l'objet seront prises en compte.

    "Nous continuerons, nous tiendrons compte des observations. Une concertation sera engagée sur la mise en oeuvre, mais la réforme sera poursuivie et mise en oeuvre", a déclaré le chef de l'Etat dans un long discours à Carcassonne (Aude), où il a évoqué le "chemin parcouru" depuis son arrivée au pouvoir il y a trois ans, et "ce qui reste à faire" durant les deux dernières années du quinquennat.

    "Nous voulons que dans l'école publique (...), dans les collèges qui sont également sous convention, il puisse y avoir plus de chances pour tous et l'excellence pour chacun. Et ce n'est pas en baissant le niveau, c'est en élevant le niveau. C'est ça la justice et l'égalité", a-t-il poursuivi, estimant que l'éducation "a besoin d'une politique, pas d'une polémique".

    "Ecole, excellence, égalité: en République, ces trois mots n'en font qu'un", a-t-il encore insisté.

    19/05/2015 21:15:55 - Carcassonne (AFP) - © 2015 AFP


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  • Le Point - Publié le 19/05/2015 à 10:58

    L'éphémère ministre de l'Éducation nationale a prôné l'apport de "garanties" aux enseignants dans la mise en place des enseignements interdisciplinaires.

    L'ex-ministre (PS) de l'Éducation nationale Benoît Hamon.

    L'ex-ministre (PS) de l'Éducation nationale Benoît Hamon. © AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

    L'ex-ministre (PS) de l'Éducation nationale Benoît Hamon a apporté son soutien mardi à la réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem et a prôné l'apport de "garanties" aux enseignants dans la mise en place des enseignements interdisciplinaires.

    "C'est une des composantes de la loi sur la refondation de l'école de la République avec la réforme des rythmes scolaires, la réforme de l'évaluation qui, j'espère, sera remise sur le tapis bientôt, la question de la priorité au primaire, la refonte des programmes d'ores et déjà engagée, le retour de la formation initiale des enseignants. Tout cela a une cohérence, ce sont les différentes pièces d'un puzzle qui vise à lutter davantage contre les inégalités, notamment sur ce moment important de la scolarité qui est la scolarité obligatoire", a déclaré Benoît Hamon sur France Inter.

    "Soutien très fort de la majorité"

    Le gouvernement "s'est beaucoup mobilisé et je pense qu'il a raison de le faire. Une réforme du collège aussi importante que celle-ci, qui prolonge tous les efforts d'ores et déjà réalisés dans le domaine de l'Éducation nationale, a besoin d'être portée politiquement au plus haut niveau de l'exécutif", a poursuivi le député des Yvelines.

    Najat Vallaud-Belkacem, qui lui a succédé Rue de Grenelle, "bénéficie du soutien très fort de toute la majorité", a-t-il assuré. Pour autant, "je ne pense pas qu'il faille considérer que tous ceux qui parfois protestent, critiquent, veulent amender une réforme sont des conservateurs qui ne voudraient rien changer. Il faut les écouter, c'est l'engagement qu'a pris Najat Vallaud-Belkacem et elle a bien fait", a poursuivi Benoît Hamon.

    Les enseignants, appelés à faire grève mardi, "sont inquiets, si j'écoute les différents syndicats, de ces 20 % d'autonomie qui seront donnés aux établissements pour pouvoir mettre en place ces fameux enseignements interdisciplinaires". Lesquels sont "indispensables si on veut permettre aux élèves de maîtriser des savoirs qui sont attendus d'eux en termes de connaissances et de compétence au terme de leur scolarité obligatoire", a estimé l'ancien ministre. "C'est une innovation pédagogique qui était attendue depuis longtemps. Maintenant, il faut sans doute donner des garanties en termes de mise en oeuvre de cette autonomie, en termes d'organisation de ces enseignements interdisciplinaires de façon à ce que chacun se sente parfaitement mobilisé autour de cette réforme qui, sans les enseignants, serait un échec", a-t-il conclu.


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  • http://www.lepoint.fr/politique/valls-le-decret-de-la-reforme-du-college-publie-le-plus-rapidement-possible-19-05-2015-1929430_20.php

    - Publié le 19/05/2015 à 11:36 - Modifié le 19/05/2015 à 11:40

    Manuel Valls a assuré mardi que la réforme du collège serait "mise en oeuvre" et que le décret serait "publié le plus rapidement possible", alors que les professeurs sont appelés à observer une journée de grève.

    "Je suis confiant, cette réforme va être mise en oeuvre comme c'était prévu, et le décret sera publié le plus rapidement possible", a déclaré le Premier ministre à son arrivée à l'Assemblée nationale, avant la réunion du groupe socialiste.

    M. Valls a voulu "rendre un hommage particulier aux enseignants de France" qui "font un travail formidable". "Je leur fais confiance, cette réforme est aussi un outil pour eux, pour leur travail", a-t-il dit.

    "Ce gouvernement fait beaucoup pour l'école. Depuis 2012, nous augmentons les postes d'enseignants, nous donnons une prime exceptionnelle aux enseignants qui travaillent dans les établissements les plus difficiles, nous renforçons la formation des enseignants qui avait été saccagée au cours du quinquennat précédent", a poursuivi le Premier ministre.

    "Cette réforme est indispensable. Sur ces sujets-là, les gouvernements précédents avant 2012 n'avaient jamais été capables de faire une réforme qui correspondent à l'intérêt général. L'autonomie est demandée par tous depuis des années. En accordant 20% d'autonomie à chaque collège, on fait un pas considérable qui va permettre d'améliorer le travail pour les enfants dans les conditions qui sont prévues par la réforme", a assuré M. Valls.

    "Il ne faut pas avoir peur de la réforme. Au fond, on le voit bien, le débat est entre le mouvement, la réforme indispensable, et le statu quo ou le conservatisme", a estimé le chef du gouvernement. "Je vois les propositions de Bruno Le Maire, de l'UMP: les élèves ne pourraient plus apprendre une deuxième langue, il y aurait une école inégalitaire, on privilégierait au fond de plus en plus la privatisation du soutien scolaire. Ce n'est pas cette école que je veux pour les couches populaires, les classes moyennes, pour les Français de manière générale: je veux la meilleure école pour chacun", a-t-il conclu.

    Une intersyndicale, composée d'organisations habituellement opposées, appelle les professeurs à se mettre en grève et à manifester à Paris et dans une cinquantaine de villes. La réforme est également fortement contestée par l'opposition.

     

    19/05/2015 11:39:33 - Paris (AFP) - © 2015 AFP


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  • OPINIONS

    (Crédits : DR)Acteurs de l'économie  | 18/05/2015, 16:40 - 1074 mots

    La réforme du collège, censée intervenir à la rentrée 2016, procède sans nul doute de constats avérés, celui d'un système éducatif qui ne va pas bien. Le collège est cet endroit stratégique où tout se joue, or cette réforme conduirait à aggraver sa situation et à amoindrir les chances des élèves. Par Alain Morvan, ancien recteur de l'Académie de Lyon.

    Une réforme qui décrédibilise le collège public

    Le malheur veut que les projets retenus, qui doivent beaucoup à une symbolique libertaire et étroitement égalitariste, aient toute chance de décrédibiliser le collège public. Des structures qui n'ont rien de socialement sélectif, comme les Trissotins de la grisaille pédagogiste veulent le faire croire, seraient mises en pièces. Ainsi des sections européennes. Je suis un des recteurs qui en ont créé le plus - et bien des professeurs et chefs d'établissement se le rappellent. J'ai eu la fierté de voir à l'œuvre leur capacité d'entraînement pour les élèves, pour les équipes enseignantes.

    Elles créent du succès scolaire sans - il n'est pas honnête de prétendre le contraire - engendrer la moindre relégation scolaire ou sociale pour ceux qui n'en bénéficient pas. Elles ne prennent rien à personne, sinon un peu d'argent. Et elles ont eu le mérite exaltant d'offrir un second souffle à des langues culturellement et économiquement essentielles comme l'allemand, si menacé dans notre système scolaire que seule une politique volontariste (voire protectionniste) peut lui donner sa chance. Or le ministère de l'Éducation nationale décide de faire disparaître ces sections européennes. Sans que la moindre justification pédagogique ni théorique ne soit à ce jour avancée.

    L'enseignement est un ensemble complexe

    Les classes bilingues anglais-allemand risquent de faire les frais de la même logique d'arasement, tant on les rend dépendantes de la pratique de l'allemand à l'école primaire, où chacun sait qu'elle est malheureusement infinitésimale ou presque, faute d'enseignants formés, faute de moyens aussi.

    L'enseignement est un ensemble complexe, fragile, où le sort des structures ne peut être dissocié de celui des disciplines. L'Enseignement Pratique Interdisciplinaire, cet EPI déjà tristement célèbre, procède d'une intention louable, mais qui se fracasse sur la réalité des faits et des horaires. Pour les mettre sur pied, il faut rogner sur les disciplines. Et c'est ainsi que la langue latine, dont il est permis d'espérer qu'on puisse la défendre sans passer pour un fossile culturel, est sacrifiée. Une heure en classe de 5ème ! Autant dire rien. Écoutons ceux qui enseignent les langues anciennes et faisons-leur la grâce de croire qu'ils ne plaident pas pour des intérêts particuliers.

    Une lourde faute contre l'esprit

    Quel EPI sur l'antiquité, si astucieusement conçu soit-il, va en effet permettre ce contact d'abord rugueux, mais richement dépaysant et directement ouvert sur un exotisme et un mystère que les jeunes affectionnent presque tous, qu'est le premier contact d'une langue qu'on doit s'approprier ? Ne tuons pas le Champollion amateur qui sommeille chez bien des collégiens ! D'autant qu'il a ainsi la chance de cultiver son esprit d'analyse et de toucher du doigt ces invariants, ces universaux qui structurent nos civilisations. Rayer tout cela d'un trait de plume est une lourde faute contre l'esprit. Le résultat sera nécessairement un acquis culturel encore amputé, alors que tant de censeurs nous reprochent de former des élèves qui ne savent rien. Et relisons Klemperer, pour comprendre comment le rétrécissement de la conscience linguistique soutient le rétrécissement de la conscience tout court.

    Je ne parle pas des programmes d'histoire et de géographie, car je crois comprendre que sur ce point au moins le Conseil dit Supérieur des Programmes a été prié de revoir sa peu glorieuse copie. Espérons que les bévues les plus criantes, comme celle qui consiste à passer les Lumières à la trappe, seront corrigées. Il est vrai qu'elles aussi ont une fâcheuse vocation à affûter l'esprit critique. Qu'on ne me dise pas que c'est là ce qu'on leur reproche!

    Des intentions minorées

    Sans tomber dans le procès d'intention, le discours des thuriféraires de la réforme du collège inquiète quant aux intentions qui président à celle-ci. Il est en effet des concepts qu'ils minorent ou qu'ils taisent. Leur souci de ne voir aucune tête dépasser, leur acharnement à produire, au besoin au prix d'un coup de force contre la nation et contre l'esprit, une école « bienveillante » (comme si l'apprentissage des savoirs et de la vie devait n'être qu'une longue berceuse) se traduit par une suspicion constante envers les disciplines, envers l'appel au courage, au travail et à l'effort.

    Ce n'est pas vouloir faire du collège un camp de redressement ou un pensionnat à la Dickens que de rappeler que l'école est aussi une invitation au dépassement de soi, un lieu privilégié où l'excellence ne rejette pas les faibles, mais les engage à se hisser au niveau requis, un défi exaltant que l'on se lance jour après jour à soi-même. Qu'on cesse ce prêchi-prêcha infantilisant consistant à dénoncer je ne sais quel « entre-soi » dont bénéficieraient les bons élèves issus de je ne sais quelle bourgeoisie. Le propre du collège républicain doit être de reconnaître l'effort et le mérite comme seuls déterminants.

    Sophisme de première grandeur

    Un dernier mot. Pourquoi l'honnêteté intellectuelle serait-elle facultative dans ce débat si lourd de conséquences ? Pourquoi tant d'agressivité idéologique consistant à dire : puisque M. Sarkozy et Mme Le Pen sont contre la réforme, il faut que celle-ci soit bonne. Donc tous ceux qui la critiquent sont inspirés par la droite. C'est là un sophisme de première grandeur. La seule morale qui compte est ici celle de l'intérêt général, et je n'ai aucun scrupule - vraiment aucun - à me trouver en cette circonstance aux côtés d'esprits aussi différents que François Bayrou, Jack Lang, Alain Juppé, Julien Dray, Aurélie Filipetti ou Régis Debray.


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