• Régis Debray : «La civilisation, ce n'est pas le Nutella, c'est l'effort» (Le Figaro, 28.04.2015)

    Le philosophe Régis Debray, invité à s'exprimer au micro de France Inter, s'inquiète de la future réforme du collège qui réduirait l'apprentissage du latin et du grec.

     

    Invité de France Inter, le philosophe s'inquiète de la future réforme du collège qui réduirait l'apprentissage du latin et du grec. Selon lui, «l'enseignement est un lieu d'exigence».

    Toujours combatif, Régis Debray. Au micro de France Inter ce mardi 28 avril, il a affirmé son opposition à la future réforme du collège qui devrait entrer en vigueur à la rentrée 2016. Pour ses détracteurs, cette réforme mettrait fin à la disparition des classes bilingues (surtout français allemand), et réduirait considérablement l'enseignement du grec et du latin.

    Le philosophe qui venait présenter son dernier livre Un candide à sa fenêtre (Gallimard) a d'abord tenu à rappeler que l'école vivait sur deux piliers: «Il y a deux fondamentaux. L'effort de l'élève et l'autorité du maître. L'effort de l'élève, cela paraît banal, mais on a tendance à l'oublier. L'enseignement est un lieu d'exigence, de contraintes, alors qu'on l'admet pour le sport. On ne fait pas douze secondes au 100 mètres sans exercice, sans persévérance, sans répétition. Il faut de la discipline, d'ailleurs, la civilisation aussi, ce n'est pas le Nutella, c'est l'effort! Et puis il y a l'autorité du maître, pas parce que c'est un gourou ou un démagogue, mais parce qu'il sait des choses que l'élève ne sait pas, et il y a une hiérarchie fondée sur le travail et sur l'effort que sont plutôt des valeurs de gauche, me semble-t-il.»

    «La mère, c'est le latin»

    Le présentateur de la matinale de France Inter, Patrice Cohen, souligne que le déclin du latin n'est pas nouveau: seuls 20 % des collégiens l'apprennent et encore moins de lycéens: 5 %! «Chaque discipline a sa filière d'excellence. Quand on attaque la mère, je crains pour la fille. La mère, c'est le latin», lui rétorque Régis Debray. Ce que craint par dessus tout l'écrivain? «Une école qui reproduirait les vices et les automatismes du monde extérieur: zapping, surfing cocooning, packaging, marketing et qui ferait de l'élève un client.» Pour lui, il faut apprendre aux élèves à juger par eux-mêmes. L'apprentissage de l'intelligence, de l'esprit critique par ce qu'on a longtemps appelé «les humanités». Avec moins d'allemand, l'homme qui a écrit Éloge des frontières a peur aussi que cela débouche sur «le tout anglais qui va avec le tout économique», une sorte de monoculture.

    Il a également martelé que «pour ceux qui n'ont que l'école pour apprendre, celle-ci doit leur en donner les moyens». Lors de l'émission, des auditeurs réagissent à l'antenne ou sur les réseaux sociaux, il semble que les paroles de Régis Debray, gentiment surnommé Old school du fait de sa défense de la cause du latin, du grec, de l'allemand et d'un retour à l'enseignement chronologique de l'histoire aient séduit beaucoup de monde. Et la ministre de l'Éducation nationale?


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :